Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš fait face mercredi à une motion de censure déposée par tous les partis d’opposition, qui l’accusent de conflit d’intérêts persistant, de promouvoir un budget affichant un déficit record et d’exercer des pressions sur la presse et les institutions indépendantes.
La motion a été déposée vendredi par l’ODS, STAN, les Pirates, le KDU-CSL et TOP 09, à moins de deux semaines des élections municipales et sénatoriales. L’opposition affirme que le transfert du groupe Agrofert au fonds fiduciaire RSVP Trust n’a pas éliminé le conflit d’intérêts du Premier ministre.
Babiš, revenu au pouvoir en décembre 2025 après un premier mandat de 2017 à 2021, affirme que cette mesure respecte la législation tchèque. La Commission européenne a toutefois estimé que le transfert était insuffisant et a suspendu, au début du mois de septembre, le versement de 3,18 millions d’euros provenant des fonds européens.
Les critiques portent également sur le projet de budget pour 2027, qui prévoit un déficit de 386 milliards de couronnes, soit 15,8 milliards d’euros. Cette somme représente le deuxième déficit le plus élevé de l’histoire de la Tchéquie, malgré la croissance économique et une inflation inférieure à 2 %.
La motion a peu de chances d’être adoptée. Babiš bénéficie du soutien du parti d’extrême droite SPD et de la formation nationaliste « Les Conducteurs pour eux-mêmes », avec lesquels il contrôle 108 des 200 sièges parlementaires.
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