En jugeant les données du dernier Baromètre Informat.ro – Inscop Research concernant la direction dans laquelle se dirige le pays, nous ne pouvons que constater que les inquiétudes et les mécontentements des dernières années ont de plus en plus augmenté le pourcentage de ceux qui sont pessimistes, atteignant le point où 7 répondants sur 10 affirment que la Roumanie prend un mauvais chemin.
Et les chiffres montrent que le pessimisme est sensiblement plus accentué parmi l'électorat qui vote pour le PSD et l'AUR, que parmi les électeurs du PNL et de l'USR. Pas moins de 75 % de ceux qui déclarent leur sympathie pour le parti social-démocrate et 87 % des répondants qui votent pour l'AUR estiment que le pays se dirige dans la mauvaise direction, tandis que le même avis n'est partagé que par 34 % des électeurs du PNL et 36 % de ceux de l'USR.
La raison doit être recherchée dans la structure de l'électorat des quatre partis. En général, les personnes qui déclarent voter pour le PSD ou pour l'AUR ont des revenus plus faibles, sont souvent des habitants de milieux ruraux ou de villes de plus petite taille, sont d'une manière ou d'une autre dépendants de l'État (par le biais de pensions, d'aides, d'allocations, de postes dans des institutions publiques) et ont souvent un niveau d'éducation plus faible. De l'autre côté des préférences politiques, les électeurs du PNL et ceux de l'USR ont en général des revenus plus élevés, vivent dans des villes plus grandes et ont une proportion plus élevée de diplômes d'études secondaires ou supérieures.
En conséquence, l'électorat du PNL et celui de l'USR est moins exposé à l'inflation, aux augmentations de taxes et d'impôts, ou au chômage que l'électorat du PSD et celui de l'AUR. Or, le fait que les gens vivent mal, ou qu'ils se sentent vulnérables face à la possibilité que les choses aillent de mal en pis les pousse vers le pessimisme et les transforme en proies faciles pour les partis qui leur promettent une sortie facile de la situation angoissante dans laquelle ils se trouvent. La différence (pas nécessairement réalisable) est seulement le chemin proposé. Quant à la Roumanie, elle est de plus en plus schizophrène, étant de plus en plus divisée entre pessimistes et optimistes.
Méthodologie : Les données de la septième édition du BAROMÈTRE Informat.ro - INSCOP Research ont été collectées entre le 12 et le 15 janvier 2026. Méthode de recherche : entretien par questionnaire. Les données ont été collectées par la méthode CATI (entretiens téléphoniques), le volume de l'échantillon simple, stratifié étant de 1100 personnes, représentatif des catégories socio-démographiques significatives (sexe, âge, profession) pour la population non institutionnalisée de Roumanie, âgée de 18 ans et plus. L'erreur maximale admise des données est de ± 3 %, avec un degré de confiance de 95 %.
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