La manière dont les Roumains, en fonction de leur option politique, se rapportent en termes de confiance à la justice, et évaluent son indépendance par rapport aux ingérences politiques, est sans aucun doute influencée par les débats tendus de ces derniers temps.
La première observation que nous pouvons faire est que les niveaux les plus élevés de méfiance envers la justice se retrouvent parmi les électeurs de l’USR et du PNL, tandis que l’électorat social-démocrate et celui de l’AUR semblent être un peu moins critiques. Bien sûr, les différences ne sont pas grandes et, dans tous les cas, nous parlons d'une majorité qui, quelle que soit l'option politique, est manifestement insatisfaite de la justice. Mais néanmoins, les différences méritent d'être notées : tandis que 59 % de l'électorat social-démocrate exprime une méfiance envers la justice et 67 % de celui de l’AUR, parmi l’électorat libéral, la confiance est assez faible ou inexistante, 74 % des électeurs, ce chiffre atteignant même 86 % en ce qui concerne les sympathisants de l’USR.
La même situation se remarque également en ce qui concerne la perception de l’indépendance de la justice. Encore une fois, parmi les électeurs de l’USR et du PNL, on enregistre les pourcentages les plus élevés de répondants qui estiment que la justice est influencée politiquement, respectivement 79 % de l’électorat de l’USR et 70 % de celui du PNL. En revanche, l’électorat de l’AUR et celui du PSD semblent être moins convaincus des ingérences politiques dans la justice, avec des pourcentages de 66 %, respectivement 54 %.
Or, le fait que dans la zone de ces deux types d’électorat, le discours qui dénonce l’ingérence du politique dans l’acte de justice semble avoir la plus faible traction pourrait être un signal d’alarme pour les politiciens des deux formations, qui ont tenté de se rapporter aux tensions apparues dans le système judiciaire ces derniers temps en dénonçant justement de telles ingérences.
Quoi qu'il en soit, dans un contexte où la justice est sous les projecteurs — entre documentations journalistiques, manifestations pour l’indépendance et débats sur des réformes institutionnelles — les perceptions des électorats montrent clairement l’existence d’un déficit massif de confiance dans la justice, fait qui, étant donné que nous nous trouvons dans un État de droit, devrait provoquer beaucoup d’insomnies et leur donner un élan pour la réforme.
Méthodologie : Les données de la septième édition du BAROMÈTRE Informat.ro - INSCOP Research ont été collectées entre le 12 et le 15 janvier 2026. Méthode de recherche : entretien par questionnaire. Les données ont été collectées par la méthode CATI (entretiens téléphoniques), le volume de l’échantillon simple, stratifié étant de 1100 personnes, représentatif des catégories socio-démographiques significatives (sexe, âge, profession) pour la population non institutionnalisée de Roumanie, âgée de 18 ans et plus. L'erreur maximale admise des données est de ± 3 %, avec un degré de confiance de 95 %.
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