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Nous traversons une tempête parfaite. La Roumanie se trouve aujourd'hui dans un moment de vulnérabilité maximale, prise dans un "glissement" économique : D'une part, nous sommes frappés par une crise interne de grande ampleur – un dérapage fiscal-budgétaire chronique et un coût du financement qui nous transforme en champions du risque dans la région. D'autre part, si nous cherchons d'une manière ou d'une autre un filet de sécurité dans l'environnement externe, il est de plus en plus certain que nous ne le trouverons pas là. Le monde qui nous entoure est une source d'instabilité, avec des économies européennes phares qui halètent et un contexte géopolitique fragmenté qui réécrit les règles du commerce mondial.
Et le grand problème de la Roumanie n'est pas le manque d'argent, mais la qualité précaire de l'administration des fonds publics et de l'économie nationale. L'État roumain est captif d'une confrontation stérile entre les partis d'une coalition aujourd'hui-mais-demain-non. L'énergie qui devrait être consacrée à la gestion de crise est consommée dans des négociations pour la survie politique. Au lieu de politiques publiques cohérentes, nous avons une succession de mesures "pompier", destinées à éteindre des incendies de moment, mais qui alimentent, à long terme, l'inflation et la méfiance. Je crois fermement qu'à ce point d'inflexion, la Roumanie n'a pas besoin de solutions spectaculaires ou de promesses messianiques lancées depuis les écrans de télévision. La solution est, paradoxalement, beaucoup plus simple, mais beaucoup plus difficile à accepter pour une classe politique habituée à l'improvisation : nous avons besoin de la thérapie de la normalité.
Nous devons nous libérer de la tyrannie de l'ad-hoc. Les politiques publiques ne peuvent plus être le résultat d'intuitions de moment ou d'intérêts de groupe. Dans tout État qui se respecte, une décision ayant un impact économique se fonde sur des études d'impact réelles, transparentes et, surtout, crédibles. Sans cette base analytique solide, toute tentative de réforme reste une simple vulnérabilité face aux marchés et aux investisseurs. Le manque de fondement est, en fait, la forme d'incompétence la plus coûteuse.
Ensuite, nous devons redéfinir fondamentalement la relation entre l'État et le milieu des affaires. L'époque des "consultations" de forme, où les entrepreneurs sont invités uniquement pour valider des décisions déjà prises, doit prendre fin. Le dialogue doit passer à l'étape de la co-création. Le secteur privé est celui qui supporte le poids de la crise et c'est lui qui détient les solutions pratiques. Si les rencontres entre décideurs et investisseurs ne produisent pas de modifications concrètes dans l'acte normatif, alors elles ne sont que des exercices d'image qui érodent la bribe de pertinence qui reste au dialogue social.
Enfin, en regardant vers la future architecture du Gouvernement, il est impératif d'introduire une véritable compétition entre ministres. Les ministères ne peuvent plus être des fiefs politiques, mais doivent devenir des unités de performance. Il est temps de parler d'indicateurs de performance (KPI) clairs et mesurables : réduction de la bureaucratie par des chiffres certains, attraction d'investissements étrangers de haute technologie et efficacité administrative réelle.
Et ceux qui n'atteignent pas les objectifs doivent partir, peu importe à quel point leur situation politique est "difficile". Si nous ne passons pas du bruit politique à la rigueur administrative, la crise externe nous trouvera sans défense, et la crise interne dévorera nos réserves d'avenir.
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