La Commission européenne rejette l’idée selon laquelle les règles de l’UE obligeraient Apple à réduire la sécurité de ses produits pour lancer la nouvelle version de Siri AI. Le différend porte sur les conditions dans lesquelles les assistants concurrents peuvent utiliser les fonctionnalités de l’iPhone et de l’iPad : Apple invoque des risques pour les données des utilisateurs, tandis que l’exécutif européen soutient que le Règlement sur les marchés numériques exige un accès dans des conditions de concurrence équitables.
En bref
1.La Commission affirme que l’ouverture aux assistants concurrents est compatible avec la protection des utilisateurs. Sa réponse n’annonce ni résolution du différend ni date de lancement de Siri AI dans l’UE sur iPhone et iPad.
2.Le règlement autorise des protections strictement nécessaires et proportionnées. Apple doit justifier les restrictions par lesquelles elle cherche à protéger l’intégrité du système.
3.Les décisions européennes de 2025 ont détaillé l’accès à des fonctionnalités telles que les notifications et le transfert de fichiers. Elles clarifient les obligations d’Apple, mais ne constituent pas une constatation d’infraction dans le cas de Siri.
Apple a annoncé en juin le report de Siri AI dans l’UE pour iOS 27 et iPadOS 27. Pour macOS 27 et visionOS 27, l’entreprise a prévu la disponibilité de la nouvelle version également dans l’Union. L’annonce distingue ainsi les systèmes d’exploitation ; elle ne décrit pas une interdiction européenne générale de Siri.
Concernant l’accès d’autres assistants aux données et aux applications, Apple affirme avoir proposé un intermédiaire de sécurité, Trusted System Agent, ainsi qu’une mise en œuvre progressive sur 18 mois, propositions rejetées par la Commission. Le briefing ne fournit pas d’évaluation technique publique de cette architecture.
Pour la Commission, le problème de concurrence se pose si un assistant Apple peut utiliser des fonctionnalités du système d’exploitation auxquelles les concurrents n’ont pas un accès comparable. Un utilisateur peut installer une application alternative, mais le choix reste limité si celle-ci ne peut pas utiliser les fonctionnalités nécessaires pour fournir un service équivalent. L’interopérabilité vise précisément cette possibilité de fonctionner avec la plateforme, et non la simple présence d’une application dans la boutique.
L’article 6, paragraphe 7, du Règlement sur les marchés numériques autorise des mesures strictement nécessaires et proportionnées pour protéger l’intégrité du système d’exploitation, des assistants virtuels et des fonctionnalités proposées. L’opérateur doit les justifier. L’invocation de la sécurité ne met donc pas fin au différend : il faut déterminer quelles protections sont nécessaires et si elles préservent l’accès prévu par le règlement.
La Commission a déjà appliqué cette logique à d’autres fonctionnalités d’Apple. Les décisions de spécification adoptées en mars 2025 ont notamment porté sur les notifications sur les montres intelligentes connectées, le transfert sans fil de fichiers et la connexion des appareils. Un deuxième ensemble de mesures visait à rendre le processus de demande d’interopérabilité plus transparent et plus prévisible pour les développeurs. Ce sont des exemples de la manière dont l’accès se traduit en exigences concrètes, sans que ces décisions constituent un règlement du différend actuel concernant Siri.
Les décisions de spécification clarifient les obligations d’un opérateur et ne constituent pas, à elles seules, des constatations d’infraction ou des amendes. En ce qui concerne Siri AI, la réponse de la Commission dans le briefing maintient l’exigence que les utilisateurs des produits Apple puissent choisir des services d’IA concurrents dans des conditions équivalentes. Elle n’annonce ni accord avec l’entreprise ni date convenue pour le lancement sur iPhone et iPad dans l’UE.
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