Des eurodéputés issus de plusieurs groupes politiques ont demandé, lors du débat du 8 octobre à Strasbourg, que le futur instrument juridique de l’ONU sur les droits des personnes âgées offre une protection concrète de la vie autonome, de l’accès aux services de soins et de santé, de la lutte contre la discrimination fondée sur l’âge et de la participation sociale. Le processus international est encore en phase de négociation et le débat du Parlement européen n’a pas créé de nouveaux droits directement applicables et ne signifie pas qu’une convention de l’ONU a déjà été adoptée.
En bref, l’ONU a créé un groupe intergouvernemental chargé de rédiger un instrument international contraignant sur les droits des personnes âgées. Les eurodéputés ont mis l’accent sur la vie autonome, les services de proximité, les soins, la santé, la lutte contre la discrimination et la participation des personnes âgées. La Commission affirme que nombre des droits concernés existent déjà dans le droit de l’UE et dans d’autres instruments internationaux, mais elle soutient la poursuite des travaux de l’ONU ainsi que les politiques nationales destinées à protéger les personnes vulnérables. Pour 2027, la Commission prépare un échange de politiques sur le vieillissement dans la dignité, un rapport sur une protection sociale adéquate et un rapport d’experts sur les pensions minimales et la prévention de la pauvreté à un âge avancé. La deuxième session de 2026 du groupe intergouvernemental de l’ONU est prévue à Genève du 26 au 30 octobre.
Le processus de l’ONU est entré dans une nouvelle phase après que le Conseil des droits de l’homme a créé, par la Résolution 58/13, un groupe de travail intergouvernemental chargé d’élaborer et de présenter un projet d’instrument international contraignant sur les droits des personnes âgées. La première session de rédaction s’est tenue à Genève du 13 au 17 juillet 2026, et le groupe se réunit deux fois par an pendant cinq jours. La deuxième session est prévue du 26 au 30 octobre.
Le débat de Strasbourg s’est donc déroulé moins de trois semaines avant le prochain cycle de négociations de l’ONU. Les interventions des eurodéputés ont montré que la discussion ne se limite pas à la création d’un nouveau texte juridique. Parmi les thèmes récurrents figuraient la possibilité pour les personnes âgées de rester le plus longtemps possible à leur domicile, l’accès à des services adaptés aux besoins individuels, le développement des services de proximité et l’évitement de l’institutionnalisation lorsqu’il existe des alternatives appropriées.
Les soins ont occupé une place centrale. Les eurodéputés ont abordé l’accès aux services de santé et aux soins de longue durée, la situation des personnes vivant seules, le soutien aux aidants informels et les différences entre les femmes et les hommes en matière de revenus et de pensions à un âge avancé. Des problèmes liés à l’isolement social et à l’accès effectif aux services pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser exclusivement les outils numériques ou les paiements électroniques ont également été soulevés.
Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion et des réformes, a déclaré que l’exécutif européen soutenait les droits des personnes âgées et les travaux menés au niveau de l’ONU, dans le respect de la cohérence avec les instruments internationaux existants, notamment la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. Il a souligné dans le même temps que de nombreuses politiques sociales et de soins relèvent avant tout des États membres, et que le rôle de l’UE consiste également à les soutenir au moyen de la législation existante, des données, de l’analyse et des politiques européennes.
La Commission attire l’attention sur une distinction importante : l’absence d’une législation européenne unique consacrée exclusivement aux personnes âgées ne signifie pas que celles-ci sont privées de protection juridique. Des droits pertinents sont déjà prévus par la législation de l’UE en matière d’égalité, de protection sociale, d’emploi, de santé, de handicap et dans d’autres domaines. Le futur instrument de l’ONU pourrait créer un cadre international dédié et préciser davantage la manière dont les droits généraux doivent être appliqués aux situations spécifiques liées à l’âge avancé.
La Commission relie également cette discussion aux évolutions démographiques en Europe. Fitto a cité le rapport démographique publié en 2026 et le futur Atlas of Demography comme des outils permettant d’identifier les besoins des personnes âgées et d’étayer les politiques publiques. Selon la Commission, une vie professionnelle plus longue doit être soutenue lorsqu’elle correspond au choix de la personne et ne doit pas être transformée en une obligation uniforme qui ignore les différences entre les professions, l’état de santé ou les conditions individuelles.
L’agenda européen pour 2027 comprend un échange de haut niveau sur les politiques intégrées en faveur d’un vieillissement dans la dignité. La Commission entend l’accompagner d’un rapport sur une protection sociale adéquate et d’un rapport d’experts sur les pensions minimales et les mesures de lutte contre la pauvreté à un âge avancé.
L’exécutif européen prépare également une Longevity Roadmap, destinée à cartographier les problèmes spécifiques aux différentes étapes de la vie et à identifier les politiques susceptibles de favoriser une vie plus longue, plus saine et bénéficiant d’une meilleure sécurité financière. Cette initiative est liée à la Stratégie pour l’équité intergénérationnelle adoptée en mars 2026 et au futur Demography Forum, qui devrait réunir des experts et des responsables nationaux de l’action publique.
Au Parlement, des propositions allant au-delà de la seule négociation de la convention ont également été formulées. Łukasz Kohut a proposé la création d’un parcours simplifié dans Erasmus+ pour les personnes âgées, afin de faciliter l’apprentissage et la participation à des échanges après la retraite également. Il s’agit d’une proposition individuelle formulée lors du débat, et non d’un nouveau programme Erasmus+ adopté ni d’un financement déjà disponible.
D’autres interventions ont attiré l’attention sur les risques liés aux vagues de chaleur, sur les besoins des personnes handicapées, sur les différences entre les zones urbaines et rurales et sur l’accès des personnes âgées aux services publics dans une économie de plus en plus numérisée. Ces exemples ont servi à faire valoir qu’un futur instrument de l’ONU doit considérer les personnes âgées comme des titulaires de droits et des participants actifs à la société, et non exclusivement comme des bénéficiaires de services de soins.
L’étape internationale reste toutefois loin d’être achevée. Le groupe intergouvernemental doit négocier le contenu du futur instrument et présenter un projet au Conseil des droits de l’homme. Le prochain cycle, du 26 au 30 octobre, constitue une étape de rédaction et de négociation. Un éventuel traité nécessitera ensuite l’achèvement du processus de l’ONU ainsi que les procédures de signature et de ratification prévues par le droit international et les systèmes juridiques des États participants.
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