Un projet européen financé par le programme LIFE et mis en œuvre dans la province de Grosseto en Toscane a réduit de 47 % les attaques des loups sur les troupeaux et de 50 % le nombre d'animaux tués, grâce à l'introduction de clôtures de protection et de chiens de garde, dans un modèle de coopération entre agriculteurs, autorités et organisations environnementales.
Dans la province de Grosseto en Toscane, l'introduction de mesures de prévention telles que des clôtures et des chiens de garde pour les troupeaux, combinée à la coopération entre agriculteurs, autorités locales et organisations environnementales, a réduit de 47 % les attaques des loups sur les animaux et de 50 % le nombre d'animaux tués.
En bref 1. Le retour des loups dans la région, commencé dans les années 1980, a entraîné une augmentation des attaques sur les brebis laitières, essentielles pour les petites fermes semi-extensives.
2. La frustration des agriculteurs face aux mesures préventives jugées inefficaces a conduit, dans certains cas, à l'abattage illégal des loups.
3. L'introduction de clôtures et de chiens de garde, accompagnée d'un soutien financier allant jusqu'à 2 500 euros par ferme et d'une collaboration locale, a considérablement réduit les attaques.
4. Les coûts estimés pour ces mesures préventives dans une ferme typique sont de 43 à 54 euros par animal et par an.
La province de Grosseto en Toscane est caractérisée par des terres agricoles, des forêts et un relief collinéen, et l'élevage, en particulier des brebis, représente depuis longtemps un élément central de l'économie locale. Le retour des loups dans la région a cependant créé des tensions avec les petites fermes, car le nombre d'animaux sauvages a commencé à augmenter et à s'étendre dans la région depuis les années 1980, après des décennies où il n'y avait que quelques spécimens.
L'extension de la population de loups a été suivie d'une augmentation des attaques sur les brebis laitières, une ressource critique pour les systèmes agricoles semi-extensifs de la région. Dans ce contexte, les autorités régionales ont tenté de limiter l'impact par des programmes de compensation et des mesures préventives. Pour de nombreux agriculteurs, ces mesures ont cependant été perçues comme insuffisantes ou difficiles à appliquer, et la protection légale des loups a été considérée par certains comme une menace directe pour leurs moyens de subsistance. La frustration a augmenté à mesure que les pertes économiques se poursuivaient, et certains cas ont conduit à l'abattage illégal des loups.
Pour réduire le conflit, les agriculteurs et les autorités ont commencé à appliquer des mesures préventives adaptées aux conditions locales. Celles-ci ont inclus des clôtures électriques ou métalliques et des chiens spécialement entraînés pour protéger les troupeaux. Au total, 79 clôtures ont été installées sur 67 fermes, et des chiens de garde ont été introduits dans 27 fermes pour protéger les troupeaux. En parallèle, les agriculteurs ont reçu un soutien financier allant jusqu'à 2 500 euros pour la mise en œuvre de ces solutions.
Les mesures ont été mises en œuvre sur 86 fermes et ont été soutenues par un suivi et une assistance technique pour les agriculteurs. Les chiens de garde ont été vaccinés, vermifugés et identifiés par microchip, et des spécialistes ont apporté un soutien dans les premiers mois suivant leur introduction dans les troupeaux. Pour évaluer l'efficacité, certains animaux et chiens ont été équipés de dispositifs GPS, et des visites régulières dans les fermes ont suivi la manière dont les mesures préventives étaient utilisées.
Les résultats ont indiqué une réduction significative de l'impact des loups sur les fermes. Les attaques sur les animaux ont diminué de 47 %, et le nombre d'animaux tués a été réduit de 50 %. Dans le même temps, la majorité des agriculteurs ont évalué positivement les solutions mises en œuvre : 81 % ont soutenu l'utilisation des clôtures, et 74 % ont apprécié l'efficacité des chiens de garde.
En plus des mesures techniques, la coopération entre agriculteurs et autres acteurs locaux est devenue un élément central du modèle. Les agriculteurs ont créé un réseau pour l'échange d'expériences concernant la gestion des chiens de garde et pour un soutien mutuel. Des réunions et des ateliers ont été organisés entre agriculteurs, autorités et organisations environnementales pour identifier des solutions et établir des actions communes pour réduire les conflits avec les grands carnivores.
Les coûts pour l'adoption et l'entretien de ces mesures préventives dans une ferme typique ont été estimés entre 43 et 54 euros par animal et par an. Environ 52 % des coûts sont liés à un travail supplémentaire, principalement réalisé par des membres de la famille des agriculteurs, ce qui souligne le rôle des solutions adaptées et du soutien technique dans l'intégration de ces mesures dans l'activité agricole.
Le modèle appliqué en Toscane fait partie d'une série plus large d'initiatives européennes visant à réduire les conflits entre agriculteurs et grands carnivores. Des programmes similaires pour l'utilisation de chiens de garde ont été mis en œuvre en Grèce et au Portugal, et en France, un réseau d'experts a été créé pour soutenir les agriculteurs dans l'utilisation de ces méthodes de protection des troupeaux.
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