La motion de censure lue au Parlement et qui doit être votée se base sur le contenu économique, mais inclut quelques mensonges et un "noyau" de vérité.
Le texte de la motion repose sur l'idée de la vente des biens de l'État. Un soi-disant programme de privatisation et de restructuration des entreprises publiques est sévèrement critiqué. Le premier mensonge de la motion est que l'argumentation repose sur un Rapport concernant les entreprises éligibles pour la cotation à la Bourse de Valeurs de Bucarest rédigé par le cabinet de la vice-première ministre Oana Gheorghiu.
Le premier mensonge de la motion est l'interprétation volontairement erronée du rapport concernant les entreprises publiques. En effet, l'analyse adressée au gouvernement est purement informative, une proposition de travail, et cela est dit explicitement dans le rapport : "ces estimations sont calculées aux prix de marché actuels, ne constituent pas des engagements et dépendent des conditions de marché au moment de l'exécution". La motion de censure présente les évaluations et les chiffres comme s'ils étaient déjà décidés. En réalité, l'analyse du gouvernement précise clairement pour les entreprises qui ne sont pas cotées à la BVB qu'il sera nécessaire d'effectuer une étude de faisabilité qui définira la valeur de l'entreprise, le paquet d'actions mis en vente et la méthode choisie.
Par exemple, dans le texte de la motion de censure, il est écrit que "dans le cas de Romgaz, on descend même en dessous des seuils de contrôle essentiels". Ce qui est un grand mensonge, car dans le rapport du gouvernement il est précisé noir sur blanc que dans toutes les situations (Romgaz, Transgaz, Transelectrica, etc.) il faut maintenir le contrôle de l'État dans les entreprises en conservant le paquet majoritaire d'actions.
Les initiateurs de la motion de censure se trompent lorsqu'ils étiquettent une série d'entreprises publiques comme étant stratégiques. Dans la motion, sont considérées ensemble des entreprises stratégiques comme CEC Bank, Aéroports de Bucarest, Port de Constanța, Loterie Roumaine ou Poste Roumaine. Il est évident qu'il n'est pas question que toutes ces entreprises soient réellement "stratégiques".
La motion de censure inclut également une aberration économique, à savoir que "la cotation est un outil utile pour les entreprises inefficaces". Le parlementaire qui a lu la motion sait très bien que c'est un grand mensonge. Petrișor Peiu a un portefeuille impressionnant d'actions dans des entreprises cotées à la Bourse de Valeurs de Bucarest (BVB), mais la question est simple : aurait-il acheté des actions dans une entreprise inefficace ? Évidemment, non. Aucun investisseur ne placerait son argent dans une entreprise qui voudrait venir à la Bourse, mais qui a des pertes et des dettes très élevées.
Le "noyau" de vérité de la motion est la contestation du mécanisme de vente accélérée de certains paquets d'actions minoritaires. Le sujet mérite un débat séparé, où l'on pourrait discuter des avantages et des inconvénients de la méthode, mais ce qui est étrange, c'est que le PSD, au lieu d'avoir un dialogue sur ce sujet au sein de la coalition, a préféré provoquer une crise politique.
Dans le texte de la motion ne manquent pas les petits mensonges répétés, comme la réduction du seuil pour les micro-entreprises (c'était une aberration pour l'économie roumaine un seuil de chiffre d'affaires d'un million d'euros par an), l'élimination des facilités fiscales pour les salaires dans divers domaines (il est nécessaire d'avoir un traitement fiscal égal pour toutes les entreprises et les employés), les entreprises multinationales qui externalisent leurs profits (l'obsession populiste des politiciens nationalistes qui ne se basent sur aucun cas concret découvert par l'ANAF) et la forte inflation (qui a été générée principalement par la relibéralisation du marché de l'électricité, un processus qui aurait dû être préparé par le gouvernement Ciolacu).
La réduction des investissements publics est critiquée, en particulier la réduction des programmes Anghel Saligny ou ceux de la Compagnie Nationale d'Investissements (CNI). Les signataires de la motion oublient que le programme de gouvernement s'engage à réaliser une économie de 10 milliards de lei grâce à une meilleure priorisation des investissements. Les chiffres montrent que pendant la période où l'on a appuyé sur la pédale des investissements publics (comme cela s'est produit en 2024), leur effet générateur de croissance économique a été ridiculement faible. C'est pourquoi la diminution des sommes allouées aux investissements, leur priorisation, sont de bonnes nouvelles pour l'économie roumaine.
En conclusion, la motion est pleine de politique et contient peu d'arguments économiques. C'est une motion imprégnée d'une vision ultra-nationaliste en matière d'économie, là où le PSD et l'AUR se donnent la main et s'entendent.
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