Le procureur Claudiu Sandu, membre du Conseil supérieur de la magistrature, demande des explications publiques après les informations concernant le vol à bord d’un avion privé du juge de la Cour constitutionnelle roumaine Cristian Deliorga et du président du tribunal de Constanța, Marius Cătălin Croitoru, vers l’île grecque de Mykonos, au mois de juillet.
Selon les révélations de la publication Newscenter, l’ancien Premier ministre Victor Ponta, l’ancien ministre du Travail Florin Manole, le sénateur de l’UDMR István-Loránt Antal et l’homme d’affaires Gruia Stoica, condamné pénalement, se seraient également trouvés à bord de l’avion. Sandu demande pourquoi l’Inspection judiciaire ne s’est pas saisie de l’affaire et si de telles relations peuvent affecter la perception de l’impartialité des magistrats.
« Je lis avec grande surprise qu’un juge de la Cour constitutionnelle et le président du tribunal de Constanța se sont rendus il y a quelques semaines, à bord d’un avion privé, sur l’île de Mykonos, en Grèce. À bord de l’avion ne se trouvaient que des personnalités de la vie politique et des affaires roumaine, certaines ayant une biographie controversée et certaines étant même soupçonnées d’avoir commis des infractions pénales graves. Et en lisant le fil d’actualités sur ce sujet, je me suis posé la question suivante : comment se fait-il que je n’aie pas de tels amis ? Une avalanche de questions a suivi : comment se fait-il que des magistrats en fonction ou d’anciens magistrats se prélassent dans des avions privés ? Et pas avec n’importe qui. Avec des personnes controversées ou même condamnées pénalement. Comment se fait-il que nous ne voyions aucune action de l’Inspection judiciaire contre de telles personnes ? Des magistrats ou des juges de la Cour constitutionnelle qui partagent des jets privés avec des responsables politiques peuvent-ils encore être considérés comme impartiaux ? Probablement que si la rencontre avait eu lieu dans un avion de ligne ou un charter, je ne me serais pas posé cette question. Mais dans un vol privé, où il n’y a que quelques participants, peut-on dire qu’il s’agit d’une coïncidence ? », affirme Claudiu Sandu dans un message publié sur Facebook.
Le procureur affirme qu’un vol privé, avec un groupe restreint de personnes, ne peut pas facilement être considéré comme une simple coïncidence. Il remet en question l’existence d’autres voyages similaires et soutient que les magistrats devraient éviter toute situation susceptible de donner l’apparence de relations privilégiées avec des responsables politiques ou des hommes d’affaires controversés.
Claudiu Sandu critique l’absence de réaction institutionnelle et affirme que, par le passé, une telle information aurait entraîné des enquêtes à haut niveau. Il soutient également que l’indépendance et l’impartialité de la justice dépendent notamment de la conduite publique des magistrats.
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